Entretien / Situation du diabète aux Comores avec le Docteur Anssoufouddine Mohamed

Stop diabète

Stop diabète

Cardiologue exerçant à l’hôpital de Hombo sur l’île d’Anjouan et poète à ses heures perdues, Docteur Anssoufouddine Mohamed  nous dresse un tableau de l’évolution du diabète aux Comores. Interview.

 

 1-      No man’s land : Est-ce vrai que le nombre de personnes atteintes de diabète prend une proportion importante à Anjouan ?

Il est de plus en plus connu que les pays pauvres sont confrontés au double fardeau des maladies infectieuses et des nouvelles maladies anciennement réputées maladies du Nord, telles que les maladies cardio-vasculaires, le cancer et bien sûr le diabète. Parlant de diabète, effectivement nous sommes en train de parler dans les milieux hospitaliers à Anjouan d’une épidémie du diabète, le terme n’est pas consacré, il est surtout utilisé pour les maladies transmissibles, mais c’est pour traduire la flambée de cette maladie dans notre pratique quotidienne.

2-      No man’s land : Parmi ces personnes souffrantes du diabète, la plupart sont de quelle couche sociale ?

Justement ce n’est plus la maladie du riche bon mangeur, gros mangeur. Le diabète à Anjouan n’épargne aucune couche sociale, mais il est vrai que les couches démunies sont les plus touchées contrairement à ce que pensaient les gens il y a une vingtaine d’année 

3-      No man’s land : Quelles sont les causes de cette maladie à Anjouan ?

Les causes sont essentiellement représentées par le changement du mode de vie : les gens mangent trop sucré, moins de légumes dans l’alimentation, la sédentarité. Il y a une globalisation du mode de vie, on ne parle plus d’alimentation spécifiquement comorienne, la boisson sucrée bue à Dubaï  est la même que celle qui est bue à Anjouan et partout ailleurs. Les gens, et surtout ceux des couches démunies, pensent qu’en mangeant avec sa boisson sur la table, c’est une marque d’aisance.

4-      No man’s land : Ces personnes malades arrivent-ils à se payer des soins, des médicaments ?

C’est le gros problème. Ces malades sont laissés pour compte car aux Comores, malheureusement, les actions de santé publiques portent sur le SIDA, le Paludisme et la santé de la mère. Des maladies comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires, le cancer, sont des maladies orphelines contre lesquelles aucune politique n’est mise en place. Du coup les malades sont livrés à eux-mêmes sans aucune éducation pour vivre avec leur maladie, les médicaments coûtent chers, il faudrait que l’Etat subventionnent ces médicaments.

Je dois toutefois nuancer car pour ces nouvelles maladies, il y a quelques lueurs d’espoir, je pense au Cancer où l’Union de lutte contre le Cancer (UCCC) est en train de faire un travail fabuleux, il y a également cette grosse enquête appelée STEPS que le pays, avec l’appui de l’OMS, va mener en début 2011 sur ces maladies

5-      No man’s land : Quels sont les médicaments dont ces malades ont besoin ?

Trois types de médicaments :

  •  Le régime
  • Des médicaments à avaler qu’on appelle antidiabétiques oraux
  •   Des médicaments à injecter qu’on appelle Insuline

6-      No man’s land : Les moyens matériels et humains de l’hôpital auquel vous exercez vous permettent-ils  d’assurer des soins adéquats à ces malades ?

Non

7-      No man’s land : Que doit-on faire naturellement pour ne pas contracter le diabète ?

Trois choses à faire :

  1. Faire une activité physique régulière
  2. Eviter tout ce qui est sucré, les boissons, les confiseries
  3. Et surtout privilégier les légumes dans l’alimentation.
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Adjimaël HALIDI
a collaboré au magazine économique mahorais Horizon Austral , à l’hebdomadaire Mayotte Avance , au quotidien La Gazette des Comores et à l'Agence de presse HZK-Presse.

5 réflexions au sujet de « Entretien / Situation du diabète aux Comores avec le Docteur Anssoufouddine Mohamed »

  1. MLLE CHEIKH SALIM dit :

    en effet c’est une bonne chose de parler du diabète aux comores,, car c’est une maladie silencieuse comme on le dit ,et les comores étant un pays a la population majoritairement pauvre, le dépistage de cette maladie n’est pas facile. c’est aussi du au fait qu’il n y a pas assez de sensibilisation auprès de la population…
    mais il n’est jamais trop pour commencer.

  2. Merci bien pour cet éclairage. En effet, on pet qualifier d’épidémie, ce fléau qui prend une ampleur inquiétante dans nos pays du sud. A en croire, que les maladies,elles aussi, se sont mondialisées.
    Pour les conseils : éviter tout excès.

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