JE SUIS UNE FEMME MAIS JE ME SOIGNE

Mayotte. Archipel des Comores. Des femmes se racontent, et au gré des lignes se dessinent les portraits instantanés de Comoriennes, qui tout en se refusant à voir leur histoire passées sous silence, s’évertuent à trouver une issue favorable dans les méandres d’un quotidien difficile.

Vendeur à la criée à Moroni

On peut juger du degré de civilisation d’un peuple à la situation sociale de la femme.
Domingo Faustino Sarmiento

Mariama, trentenaire, est célibataire. Elle a effectué des études universitaires en France hexagonale. Artiste et chroniqueuse télé, elle habite à M’tsagamuji. Elle témoigne : «En 1995, dès la fin de mes études en France, j’ai appelé ma mère pour lui annoncer que j’allais rentrer avec mon copain m’zungu (européen)». Elle m’a répondu sèchement : «Ton m’zungu qu’il reste en France.» J’ai du mal à comprendre la société mahoraise. Les Mahorais veulent l’argent de la France, mais ne veulent pas de la France dans leur lit. Ma mère a fait tout un pataquès parce que, selon la convention collective, c’est la mère et seulement la mère qui est jugée apte à effectuer le choix du mari et la demande en mariage. Et le mari idéal, l’époux convenable doit être de famille noble mahoraise. Pas question de choisir un Mahorais d’une famille inconnue par nos mères. Pas question de choisir un Métropolitain. Pas question de choisir un Comorien d’Anjouan, de la Grande-comore ou de Mohéli. Sinon, on couvre d’ignominie sa famille. En vrai, ce n’est plus un mariage des enfants, c’est un mariage de familles et de mères. Honnêtement, quand je vois tout ce que nous subissons dans nos familles, parfois je ne suis pas étonnée quand je vois une fille se faire mettre enceinte pour fuir la maison familiale…

En effet, j’ai repoussé toutes les propositions de ma mère. Et depuis, aucun membre de ma famille ne me parle convenablement. Pour eux, je suis la honte de la famille. Il faut savoir que dans la culture mahoraise, le droit à la révolte n’existe pas. Cependant, le fait que je sois devenue une femme instruite, une femme moderne, n’est pas si bien accepté que ça par les hommes mahorais. Les hommes mahorais sont effrayés par les femmes qui ont faits des études. De fait, ils veulent des femmes soumises, des femmes qui ne posent pas de questions. Dès qu’une femme se pose des questions, a envie de s’occuper d’elle-même, cherche à se développer personnellement, elle est mal vue. C’est vraiment difficile de s’épanouir à Mayotte en tant que femme. Dès qu’une femme est ouverte, parle avec tout le monde, on ne la respecte plus. L’homme mahorais au lieu de se réjouir qu’une femme ait fait des études, ait acquis un savoir, il se méfie d’elle. En effet, les hommes mahorais ont eu droit à un schéma, et se mettent à reproduire d’instinct le même schéma. Ils emboîtent le pas à leurs parents. »

Les mères mahoraises sont elles déterministes ou possessives ? Dans tous les cas, les mères mahoraises, et comoriennes en général, disent à leurs enfants qu’ils resteront à jamais débiteurs envers elles. Parce que sans elles, ils n’auraient jamais vu le jour. Cependant à Mayotte, et en Afrique noire en général, un enfant, une fois adulte, est une source essentielle du revenu familial. Peut-être est-ce la raison pour laquelle les parents ne tolèrent aucune once de rébellion de leurs enfants. Toute tolérance, aussi moindre qu’elle puisse être, pourrait être à l’origine d’une libération, d’une liberté. Ainsi faut-il maintenir l’holisme, sinon les structures et les mentalités de la solidarité familiale, au détriment de l’individualisme ? L’intérêt de la famille doit-il toujours passer avant l’intérêt personnel ? Peut-on faire cohabiter l’individualisme et l’holisme dans une même société ? A vrai dire, l’individualisme est un concept né de la Déclaration des Droits de l’Homme puisque ce document affirme que « les êtres humains sont des individus, indépendamment de toute désignation collective ». Et à Mayotte, ceux qui osent regarder en arrière sans avoir peur d’être transformés en statue de sel comme la femme de Loth ou voir leur femme Eurydice rappelée aux Enfers par Hadès comme Orphée, se sont rendus compte que ces valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que prône la Déclaration des Droits de l’Homme sont aussi celles qu’ont toujours défendues les traditions africaines, d’où l’universalité des valeurs. Puisque au-delà du folklore, des artifices, du superficiel des traditions -à savoir les danses , les vêtements , l’architecture et la cuisine,- les traditions mettent en exergue des valeurs de paix , d’unité , d’ égalité , de liberté et de respect mutuel.

Néanmoins, aucune tradition n’est figée, n’est statique. Toute tradition est dynamique et est influencée par d’autres traditions puisque l’esprit de l’homme est évolutif. Khalil Gibran Khalil compare l’esprit à une flamme qui brûle et augmente toujours davantage. Par ailleurs le Coran recommande aux musulmans la quête du savoir, des connaissances, durant toute leur vie, dussent-ils aller en Chine pour les acquérir. Et sachant que ce sont les jeunes qui portent souvent ce changement ou l’évolution des traditions, dans la mesure où ce sont eux qui sont physiquement et mentalement aptes à courir derrière le savoir, Khalil Gibran Khalil recommande alors aux aînés à prendre exemple sur les cadets. « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même. Ils passent par vous mais ne viennent pas de vous, et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez loger leur corps, mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même en rêve. ».

Aujourd’hui, on parle çà et là d’identité plurielle ou d’ « identité rhizome » [si nous pouvons reprendre les termes de feu Edouard Glissant] pour qu’enfin la lâcheté des misonéistes cesse de se transformer en faiblesse. Et qui dit faiblesse dit peur de l’inconnu, du changement. D’ailleurs, c’était cette peur de l’inconnu, du changement, qui en s’éjectant dans le corps des Bretons avait pulvérisé ces derniers et fait qu’ils étaient incapables de retirer l’épée Excalibur de la pierre. La preuve, c’est la fougue et la témérité de l’enfant Arthur qui a fait retirer l’épée de la pierre. Cependant, aucun être humain ne peut embrasser une autre culture s’il ignore totalement sa propre culture. La culture de naissance est un tremplin ; pour mieux sauter il faut être bien ancré dans sa propre culture ou sinon avoir une culture d’ancrage: c’est en sachant dire MOI qu’on arrive à dire sans ambages NOUS. Pour dissiper le(s) « conflit(s) des générations », il faut qu’il y ait un vrai dialogue intergénérationnel : l’enfant doit oser porter son regard derrière et l’adulte doit oser porter son regard devant : l’interaction ne doit pas être à sens unique.

Famille monoparentale, phénomène récurrent à Mayotte

Domoni 2009

Domoni 2009

Hissane a 26 ans. Elle est psychologue de formation. Mère d’un nouveau-né, elle s’est séparée d’avec son mari quelque trois mois après la naissance de leur enfant. Elle raconte : « La société mahoraise est machiste. A Mayotte, la femme a comme principaux rôles : s’occuper de son mari comme un prince, faire les travaux domestiques et faire des enfants. Et dès qu’une femme cherche à se dégager du chemin battu, elle n’est plus épousable. La femme d’antan n’avait pas le choix. Analphabète, elle se contentait de jouir de son rôle de femme au foyer.

Mais nous qui avons fait des études, avons du mal à faire un couple puisque nous refusons d’être des femmes au foyer, des bonnes à tout faire. Beaucoup de femmes qui ont fait des études se retrouvent seules. Si elles n’ont pas emmené un époux m’zungu depuis la France hexagonale, il n’y a pas de Mahorais qui les demande en mariage. Si on proposait à un Mahorais de choisir entre une femme instruite et une femme de type traditionaliste, c’est sûrement celle qui est traditionaliste qui l’emporterait. Parce que la femme de type traditionaliste peut accepter sans rechigner l’inconstance de son mari. D’ordinaire, on ne coupe pas la main qui nous nourrit. Les femmes de type traditionaliste vivent dans cette peur qu’elles appellent respect. Nous autres, nous jouons au détective, nous faisons beaucoup de surveillance et en fin de compte cette surveillance accrue provoque une méfiance entre les partenaires. C’est pourquoi de nos jours les femmes instruites préfèrent être seules que mal accompagnées.

C’est la femme elle-même qui prend l’initiative de partir et élever seules les enfants. Elles ont du mal à vivre tout le temps au cœur d’un conflit conjugal, dans l’hypocrisie d’une famille normale d’apparence (signes extérieurs de richesse: vêtements chics, voiture de luxe, énorme maison en dur). Et pour préserver les enfants, nous sommes obligées de leur expliquer les choses telles qu’elles sont dans la réalité. Les hommes sont plus des géniteurs que des papas. Ils n’ont pas la fibre paternelle. Ils ne sont jamais présents. Ils ne s’occupent pas de leurs enfants comme il le faut. Pourtant, chaque enfant a besoin de l’amour de ses deux parents. Bien sûr qu’il y a des répercussions sur les enfants. Il y a des enfants qui, une fois adultes, sombrent soit dans les dépressions, soit dans la prostitution. Ce qui fait que nous les mères célibataires avons la double mission de subvenir aux besoins de nos enfants et de les encadrer pour qu’ils ne partent pas à la dérive. Néanmoins, il ne faut pas donner tous les torts aux hommes. Car ce sont nous les femmes qui sommes responsables de nos malheurs. Puisque ce sont nous-mêmes qui élevons nos filles à être d’excellentes femmes au foyer et inculquons à nos garçons des modes de penser machistes. »

La société mahoraise est complexe et compliquée étant donné qu’elle est machiste et matriarcale à la fois. Machiste puisque l’homme se croit supérieur à la femme. Et matriarcale puisque virtuellement c’est la femme qui fait tout, travaille la terre ou vend au marché pour celles qui le font encore ; élève les enfants, fait construire les maisons des filles (importante pour contracter le mariage), prépare les festivités de mariage, souscrit aux tontines (shikowa), initie et mène les mouvements de contestations ou part en France hexagonale où elle espère accéder à des prestations familiales.

Et pendant ce temps, l’homme se cachant derrière une historicité religieuse [la mythologie grecque considère la femme (Pandore) comme étant à l’origine du mal sur terre ; et les Religions du Livre impute le péché originel à la Femme (Eve pour les occidentaux ou Hawa pour les musulmans] ou juridique [la justice française ( et comorienne) consacre la puissance maritale et paternelle en déclarant l’autorité du père dans la famille conjugale ( le nom de famille est formé d’après le nom du père ( patronyme) ] a assujetti la femme comme ces maîtres des cieux ou maîtres de la terre qui grâce à une baguette magique ou au pouvoir des armes ont pu réduire à l’état d’esclavage des milliers d’hommes. Assurément une femme-Philomèle, bâillonnée, assujettie, arrange beaucoup d’hommes, et pas seulement à Mayotte.

Certains parleraient de syndrome de Stockholm, que la femme par amour pour son mari a fini par se plaire dans son état de servage, comme Sisyphe avec son rocher. Mais à vrai dire le mal est plus profond sachant que l’éducation donnée par la famille aux enfants, depuis leurs plus jeunes âges, est inégalitaire et fait que le machisme dans les attitudes des hommes à l’égard des femmes est flagrant. Le rôle domestique et expressif de la femme est naturel tout comme le rôle instrumental et professionnel des hommes. En parlant de profession, il est à noter qu’il existe une vraie discrimination sur le marché du travail à Mayotte « Pour qu’une femme ait un travail à Mayotte, il faut qu’elle connaisse les bonnes personnes. Un élu surtout. Sinon elle est obligée d’échanger ses charmes contre du travail. Avant c’étaient seulement les Mahorais qui s’adonnaient à ce chantage. Actuellement les wazungu aussi s’intéressent aux femmes mahoraises. Les hommes entrepreneurs se transforment en monstres lorsque la femme ne joue pas le jeu. A Mayotte, au lieu de parler de relations humaines, parlons plutôt de relations de séductions. »nous raconte une jeune femme , psychologue de formation au chômage ,blasée par le népotisme et le favoritisme sous-jacents à Mayotte.

Avoir une vie sexuelle épanouie à Mayotte, est-ce possible ?

Djawariya a 16 ans. Elle est scolarisée au lycée de Sada. Son fiancé a 30 ans et travaille dans un supermarché à l’entrée de Majicavo. « J’ai rencontré mon fiancé quand j’avais 14 ans. Et pour ne pas offenser ma mère, nous n’avons jamais essayé de faire une pénétration vaginale. Nous avons recours à d’autres formes de plaisirs. Ma mère veut vraiment que je garde ma virginité jusqu’au mariage ».

Moudhuhiri Abdoulhalim est professeur dans un madras de M’tsapéré. Il affirme : « A part Aïchat, que le Prophète Muhammad alors âgé de 58 ans avait prise pour épouse alors qu’elle n’avait que 9 ans, toutes les femmes du prophète avaient déjà connu des hommes avant lui. Ce qui veut dire que le Prophète aimait les femmes qui avaient de l’expérience. En effet, l’hymen ou la virginité est une sunna, ce n’est pas une obligation. Nulle part dans le Coran n’est mentionné que la virginité est obligatoire. Par ailleurs, Allah dit dans le Coran que le meilleur des musulmans est celui qui respecte la femme. Un bon musulman doit bien se comporter avec les femmes. Et quand une femme est bien considérée dans un foyer, elle donne une meilleure éducation aux enfants. Mais quand la femme est maltraitée, elle se détourne de son rôle d’éducatrice et les enfants finissent dans la débauche. En 632, lors de son dernier pèlerinage, le Prophète s’adressant à une foule de musulmans a dit : »Ne faites de tort à personne …Ô hommes, vous avez des droits sur vos épouses, et elles ont réciproquement des droits sur vous. Traitez les femmes avec douceur. « 

Le Prophète en s’adressant à nous les hommes a dit : « Avant de faire l’amour avec vos femmes, il faut leur faire d’abord des câlins, il faut les enchanter avec des mots doux jusqu’à ce qu’elles mouillent. Et surtout il faut attendre que la femme ait atteint l’orgasme pour jouir ».

« Pour ce qui est de la virginité, nous apprend Hamida, je ne saurais rien dire puisque j’ai été violée dans mon enfance par mon cousin. D’ailleurs, j’avais attaqué mon violeur en justice et j’ai eu gain de cause. Ma mère dit que je me suis laissée faire parce qu’au fond je voulais bien coucher avec mon violeur.

Pour ce qui est de faire l’amour, des relations sexuelles dans les couples, je peux vous assurer que la tendresse n’existe pas dans les couples mahorais. L’amour ne peut exister dans notre société de paraître. Les gens sont dans le copier-coller. Un jour j’ai entendu un homme dire à sa femme : « Je ne vais pas t’offrir des fleurs parce que mon père n’a jamais offert des fleurs à ma mère. » Les hommes mahorais sont brutaux au lit. Il n’y a jamais de jeux érotiques, il te rentre dedans et dès qu’ils ont fini de jouir, ils se lèvent et partent. Ils ne sont jamais à l’écoute de leur partenaire. Ils ne cherchent jamais à savoir si la partenaire a pris plaisir ou pas. Certains demandent aux femmes de leur faire une caresse bucco-génitale. Mais dès qu’une femme demande la réciproque, ce dernier se met en colère en criant que c’est mal. Comme si seule la caresse venant de la femme était normale. Il y a plus des viols que des relations sexuelles consentantes. »

Sittina est assistante sociale. Elle habite à Mamoudzou. « Lors de ma nuit de noces, des matrones m’ont appris les préliminaires amoureux. Et il faut savoir que cet apprentissage fait partie de nos traditions depuis toujours. La notion du plaisir a toujours existé dans nos sociétés. Elles m’ont fait comprendre, comme j’étais vierge, que j’allais sûrement avoir mal lorsque mon mari allait me déflorer. Elles m’ont explique que les premières fois que je ferais l’amour je ne sentirai que des douleurs. C’est après deux à trois rapports sexuelles que j’aurai du plaisir. Elles m’ont aussi appris qu’il y avait des positions pour faire l’amour et aussi qu’une femme ne doit pas demeurer immobile au lit, elle doit se déhancher, balancer son bassin pour qu’il y ait frottement du clitoris. Pour les matrones, la femme doit se faire belle, faire des bains intimes, s’embaumer de parfum à base d’encens, de muscade et de benjoin, c’est ce qu’on appelle uhereya, se farder de crème de bois de santal (msidzano), s’oindre d’huile aromatisante pour qu’elle soit désirée par son époux. Et enfin, elles m’ont dit de ne pas accepter que mon époux me fasse l’amour tout le temps. Il faudrait qu’ensemble nous fixions des jours pour faire l’amour. Parce que faire l’amour tout le temps avilit le sexe de la femme.»

Lucie, quarante quatre ans, enseignante originaire de métropole nous livre ses impressions sur les rapports homme/femme dans la société mahoraise : « J’habite Mayotte depuis 4 ans et déjà je constate une évolution chez la femme mahoraise. Par exemple, de plus en plus de femmes apprennent à conduire, s’habillent à l’occidental[NDLR : occidental sous-entend moderne c’est-à-dire avec un habillement soit de luxe soit factice que la société industrielle, à travers ses innombrables usines, fait fabriquer à grande échelle ( fabrication en série) et fait vendre à travers le monde grâce à la dictature des publicités] , ont de moins en moins d’enfants … Celles-ci manifestent de plus en plus la volonté d’avoir non seulement une vie d’épouse et de mère mais également de « femme active ». En effet, la majorité des sociétés n’accordent aucun statut aux femmes qui ne travaillent pas. Toutefois, ces dernières ne peuvent trouver un équilibre qui si elles sont secondées dans leurs foyers.

J’entends souvent dire que les jeunes mahoraises qui partent en métropole étudier ne trouvent pas de maris mahorais à leur retour, que ces derniers les rejettent car elles font preuve, à leurs yeux, de trop d’émancipation, voir d’insoumission. Mais ces femmes ont-elles envie de partager leur vie avec des hommes qui, sous couvert de tradition et de religion, n’ont nullement le désir d’évoluer eux-mêmes, leur situation actuelle à la maison étant plus que confortable ? J’ai du mal à comprendre les parents –et surtout les mères- qui envoient leurs filles étudier en Hexagone et s’étonnent de retrouver leurs enfants métamorphosés et refusant certaines traditions pouvant leur paraître désormais « archaïques ». A quoi bon découvrir la différence si ce n’est pour en ressortir soi-même transformé ? A quoi bon étudier et apprendre si ce n’est pour en ressortir grandi, fort d’une expérience décisive pour l’avenir ?

J’ai le sentiment qu’aujourd’hui se crée un déséquilibre entre les mentalités des unes qui envisagent leur vie dorénavant de façon dynamique, et la mentalité des uns dont le seul mot d’ordre semble être « immobilisme toujours ! ». L’occident a connu ce déséquilibre qui, malheureusement subsiste encore, même si à moindre échelle. Toutefois, on peut espérer que le mode de vie et de pensée des jeunes femme mahoraises étant en pleine évolution, celles-ci sauront transmettre à leurs enfants, garçons comme filles, une éducation tendant vers une plus grande égalité des sexes … »

The following two tabs change content below.
Adjimaël HALIDI
a collaboré au magazine économique mahorais Horizon Austral , à l’hebdomadaire Mayotte Avance , au quotidien La Gazette des Comores et à l'Agence de presse HZK-Presse.

7 réflexions au sujet de « JE SUIS UNE FEMME MAIS JE ME SOIGNE »

  1. C’est le problème perpétuel qui oppose tradition et modernité.J’espère que la situation des femmes s’améliorera et que les mentalité de certains évolueront.

  2. Antfata dit :

    Je suis comorienne , de N’gazidja et j’approuve totalement ton article même si je n’ai que 17 ans et vit en France.
    On dirait que tu décrit la vie des femmes de ma famille !
    Et comme tu l’a souligné ce n’est pas que la faute aux hommes mais en effet celle des femmes et comment elles élèvent leurs filles.J’ai plus de chance que mes cousines vu que je vit en France dans un village paumé alsacien.
    J’espère vraiment que la situation des femmes de nos Comores va s’améliorer…

  3. attoumani dit :

    Bonsoir, j’espère qu’il n’est jamais trop tard de répondre à cette question.
    Ma chère, il est question de réligion, une fille ou une femme, n’aura jamais le pouvoir donc le dernier mot.Si tu obéis à la loi divine de l’islam, Après le Dieu Allah, si il y aurait d’autres dieux, ceraient ta maman, puis ton papa. donc, on leur doit obeissance et dévouement. nous, les enfants d’aujourd’hui, veut jouer le role de nos parents, choisir sans leur avis, imposer sans les consulter, on se croit supérieur, avoir l’autorité sur eux, nos perents, alors qu’il nous faut leur accord pour entreprendre en matière de mariage, ……….

  4. attoumani dit :

    Nul n’a le droit de changer les précèptes réligieuses, car c’est une identique comme le prénom, Je me vois mal appeler mon fils, étant mahorais, « jean », alors que je sais bien que c’est emprunt à une autre réligion.
    si ta famille ne veut pas de cette rélation, elle percoit mal situation car elle considère avoir échouer dans ton éducation………

  5. Mounissa dit :

    Très bon article, qui décrit une réalité. C’est à la génération actuelle de changer les choses. En tout cas certains pourront dire que c’est dépassé, qu’il y a de l’évolution mais moi je me sens concernée par cet article. C’est bien d’exposer ce problème.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *