Nassurdine Haidari , élu Ps de Marseille

« Mandela » un poème-hommage de l’élu Ps Nassurdine Haidari

Nelson Mandela et sa femme Winnie le jour de sa libération, le 11 février 1990 (ALEXANDER JOE / FILES / AFP)

Nelson Mandela et sa femme Winnie le jour de sa libération, le 11 février 1990 (ALEXANDER JOE / FILES / AFP)

Ferme les Yeux… Madiba

Le silence soufflera

sur des montagnes de tristesse

de ces gorges tourmentées un cri

retentira Madiba… s’est éteint.

Ferme les yeux Madiba…

Et contemple la vie

la paix retrouvée

de ces âmes réunies

face au vent déchainé

poing levé

d’une Afrique forte… retrouvée,

poing levé

d’une Afrique digne…endeuillée.

Ferme les yeux Madiba…

Et regarde

pour une dernière fois

ton Afrique murmurée

le courage et la force

d’un homme et d’un peuple

qu’aucune chaine n’a brisé.

Liberté sans demeure…

Fraternité sans rancœur …

Egalité, sang, douleur…

Ferme les yeux Madiba…

indoda iyambona umntwana

L’homme regarde l’enfant

au bord de la rivière Mbashe

ton rêve  a traversé nos vies…

Ton rêve a détruit ces murs de la honte

qui séparaient les hommes…

De ces couleurs merveilleuses

qu’ils avaient érigées en souffrance

ton regard a transpercé

la haine, la brutalité aveugle et les différences

pour enfin dessiner la réconciliation, l’espérance…

Yebo ! Madiba ferme les yeux

car le monde se souviendra

que la force du cœur

peut encore changer le monde…

 Haidari Nassurdine,

militant de l’égalité

Nassurdine Haidari , élu Ps de Marseille

Nassurdine Haidari , élu Ps de Marseille

Mot de l’auteur : Mandela est sous assistance respiratoire et le monde retient son souffle. Nous sommes  également en France triste de voir qu’une figure de l’Égalité entre les peuples va certainement nous quitter. Son combat pour la réconciliation des peuples sera pour nous militants de l’égalité un chemin, un espoir.
En écrivant ce poème, je veux rendre hommage de son vivant , dans ces dernières heures qui nous séparent de la fin, à une légende encore vivante qui a marqué son temps.

Antoissi Said Allaoui, lors de la réunion annuelle de samedi 9 février

ACUM une association de Mohéliens en diaspora

Maintenir une solidarité dans la dispersion. Adoucir l’épreuve migratoire. Promouvoir et entretenir avec la terre originelle des relations de natures diverses : économiques, financières, humanitaires, informationnelles et/ou culturelles. Tels sont les objectifs que se sont fixés les adhérents de l’ACUM, unique association de Mohéliens à Marseille, qui, en ce samedi 9 février, se sont réunis dans l’enceinte de l’association Espace-Accueil aux Etrangers sise dans la rue Mathieu Stilati.

Antoissi Said Allaoui, lors de la réunion annuelle de samedi 9 février

Antoissi Said Allaoui, lors de la réunion annuelle de samedi 9 février

Mohéli est l’île comorienne numériquement la plus sous-représentée à Marseille. Pourtant l’histoire de l’installation des Mohéliens dans la cité Phocéenne est concomitante de celle des Grand-Comoriens et des Anjouanais. Elle est amorcée à l’époque coloniale par les Comoriens recrutés dans la marine de guerre mais aussi dans la marine marchande, qui s’y installèrent d’une manière sporadique surtout au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, et qui servirent de « têtes de pont » aux rapatriés de Majunga de 1976 et aussi à un bon nombre de réfugiés économiques à la recherche d’un meilleur confort matériel et financier (à l’accession des Comores à l’indépendance). « On était 78 Mohéliens à Marseille en 1979, date à laquelle on a fondé notre association » se souvient Boinaissa Maoudjoudi, originaire de Fomboni, actuellement vice-président de l’ACUM.

Au jour d’aujourd’hui les Mohéliens se comptent par centaines à Marseille. Les maigres moyens de l’ACUM seraient impuissants à comptabiliser correctement les ressortissants mohéliens. Forte d’une cinquantaine d’adhérents, l’ACUM (Association Comores Unie Mohélienne), bien que fondée en 1979, est demeurée inactive durant une trentaine d’années. Ce n’est qu’en 2009 qu’elle a repris du poil de la bête. « Quand je suis arrivé en France en 2001, j’ai tout de suite remarqué que ce n’était que les Grand-comoriens, réunis en associations villageoises, qui, par sentiment d’empathie et de solidarité, menaient des actions ici et là-bas (dans leur localité d’origine) en vue d’un bien-être collectif. Touché dans mon orgueil, je me suis renseigné auprès de mes co-insulaires de Mohéli pour apprendre qu’il y avait une association de Mohéli mais qui n’était pas active. Du coup, j’ai pris contact avec Ahamada Madi, natif de Mbantsé, alors président de l’ACUM, pour relancer l’association » confie Antoissi Said Allaoui, du village de Boigoma, présentement secrétaire général de l’ACUM. Et depuis, l’association est pourvue d’un numéro de compte, son statut a été mis à jour et un site internet est en création.

L’ACUM un levier de développement pour Mohéli

De droite à gauche , Mounir Hamada Hamza, Boinaissa Maoudjoudi,Antoissi Said Allaoui, Taendhuma Attoumani

De droite à gauche , Mounir Hamada Hamza, Boinaissa Maoudjoudi,Antoissi Said Allaoui, Taendhuma Attoumani, Haloi Houtoibou

Si la Grande-Comore et Anjouan comptent chacune des centaines d’associations villageoises à Marseille, Mohéli n’en compte qu’une. Et c’est l’ACUM. Les ressortissants de Mohéli dans la cité Phocéenne comptent fédérer toutes leurs forces vives en diaspora afin de lancer le développement sur leur île d’origine. La preuve ! l’Association des femmes de Mohéli a été dissoute et ses membres ont tous rejoint l’ACUM. D’ailleurs, aujourd’hui c’est une des membres les plus actifs de cette association féminine qui est à la tête de l’ACUM pour un mandant de deux ans, madame Taendhuma Attoumani, née à Ziroudani. En ce qui concerne les actions à mener au pays, l’ACUM, en partenariat avec le Programme Co-développement en Union des Comores, l’association humanitaire Aide Médicale et Développement sise à Grenoble, et, la fondation Haloitété de la première dame des Comores, projettent d’améliorer le système de santé à Mohéli. Par le biais de ce projet de démocratisation des soins de santé, l’association diasporique et ses partenaires comptent réhabiliter le centre hospitalier de Fomboni et aussi de construire des dispensaires dans les zones rurales. Doter les centres de santé de base d’échographies mobiles et prendre en charge les enfants malades figurent en premier place dans leurs projets. Enfin, la rénovation du marché de Fomboni fait aussi partie des projets en cours.

A Marseille, dans le but de promouvoir l’unité et la solidarité de ses membres, et surtout dans un souci d’insertion et d’intégration dans le pays d’installation, des ateliers de théâtre en langue française seront animés prochainement par le comédien Mounir Hamada Hamza. « On fera, à travers ces ateliers, d’une pierre deux coups. Etant donné que le théâtre est un organe culturel, il nous permettra de transmettre les pratiques et les croyances de notre pays aux plus jeunes. Et compte tenu du fait que les textes seront en français, l’association aura une très grande visibilité auprès des autres communautés. » nous a appris Mounir Hamada.

Enfin, dans une cité Phocéenne où la communauté comorienne a toujours souffert d’éclatement, de fragmentation, d’une absence d’une identité comorienne, nationale, dont les heurts entre Comoriens de différentes îles sont récurrents, l’ACUM se veut ouverte à tous les ressortissants des Comores sans distinction aucune. Ses adhérents veulent faire œuvre de pionnier !

La Fédération Comorienne des Consommateurs repense le système éducatif comorien

Les 10 et 11 septembre derniers, la Fédération des Consommateurs Comorienne a organisé, à l’Ecole de Santé de Moroni, un séminaire sur l’Education. De nombreux personnalités avaient répondu présent à l’invitation de cette Fédération présidée par Saïd Abdallah Mchangama, notamment Mohamed Ismaïla, Ministre de l’Education nationale, Bourhane Hamidou, Président de l’Assemblée de l’Union des Comores, Pierre Laye, Responsable de la Coopération Française, Lionel Laignel, Conseiller technique au Ministre de l’Education, Djaffar Ladhati, Administrateur pays à l’UNICEF.

séminaire FCC

Nourdine Bourhani, fonctionnaire au Ministère de l’Education Nationale, a ouvert les ateliers par une présentation des textes relatifs au système éducatif aux Comores. Et au bout d’un état des lieux des écoles, publiques et privées, Bourhani a partagé une liste de la centaine d’écoles privées existantes à Ngazidja, et dont seulement 53 ont un agrément de l’Etat, suivent les normes établies par le Ministère de l’Education Nationale. Selon Ibrahim Mweva du Commissariat chargé de l’Education à Ngazidja « pour ouvrir une école privée, une autorisation des autorités compétentes est primordiale. D’ailleurs, la plupart des écoles privées ont eu des autorisations. Néanmoins, pour avoir un agrément, des critères pédagogiques et physiques sont exigés. En fait, après l’ouverture d’une école, un agrément est octroyé ou non au terme d’une inspection. » La FCC compte aller lentement dans la mission qu’elle s’est investie et qui consiste à responsabiliser et conscientiser les consommateurs, à savoir les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes. Consciente que l’Education est à la fois le moteur et le but de tout développement d’un pays, la FCC a choisi le thème de l’Education pour qu’enfin il ait un peuple comorien responsable puisque sensibilisé de ses droits et devoirs . «  Il est temps de nous réapproprier notre pays. Et pour ce faire, il faut une révolution des mentalités  » a été, d’ailleurs, le leitmotiv du Président Saïd Abdallah Mchangama. Un peuple mieux éduqué et bien instruit est exigeant, il n’a pas honte de se plaindre et se bat pour son bien-être.

«  L’éducation n’est pas un bien de consommation, c’est plutôt un droit. Tous les enfants, du moins les plus jeunes, doivent être scolarisés, peu importe les moyens de leurs parents. » a expliqué Djaffar Ladhati, Administrateur à l’UNICEF. Pour Mohamed Moussa Moindjié, Conseiller municipal de Mdé, «  l’initiative est louable dans le sens où nous apportons un plus dans le système éducatif de notre pays. Je considère cette initiative comme un second souffle, puisque en impliquant tous les acteurs de l’Education, nous allons sûrement trouver des réponses appropriées aux réalités de l’éducation de notre pays. » Mme Nasrat Mohamed Issa, Vice-présidente de la FCC, a présidé le séminaire. «  Je suis satisfaite du séminaire. Car, d’une part, tout le monde a répondu favorablement à l’invitation. Et d’autre part, tout le monde a donné le meilleur de lui-même afin d’identifier les problèmes de notre système éducatif et d’apporter les réponses adéquates. En effet, personne n’est dupe. Tout le monde sait qu’il y a beaucoup de problèmes dans le domaine de l’Education : les résultats des examens nationaux de chaque année sont la preuve. Nous avons fait d’une pierre deux coups : le séminaire a été à la fois un cri d’alarme et un tremplin qui certainement nous propulsera vers un redressement du système éducatif. » nous a confiés la Vice-présidente. Les séminaristes s’étaient repartis en deux groupes. Dans un premier temps, ils ont identifié les problèmes, quels soient pédagogiques, administratifs ou infrastructurels. Et dans un second temps, ils ont fait des propositions. Le premier groupe a été présidé par Aboubacar Saïd Salim, homme de lettres et enseignant. Et le second par Mohamed Moussa Moindjié, Directeur Général chargé des Politiques et Programmes de l’Enseignement de Base au Ministère de l’Education Nationale.

Un bateau chavire au large de la Grande-comore

Le Madjiriha, un bateau comorien faisant la navette entre les îles de l’archipel des Comores, a chaviré ce mardi 9 août, à 3 heures du matin, au large du sud de la Grande-comore, pas loin de Sima ya M’bwani, dans le M’badjini. Il avait à son bord, d’après le service de l’Immigration, « 12 membres d’équipage, 93 passagers et des enfants dont le nombre est inconnu ». Des chiffres contestés par certains rescapés, rencontrés à l’hôpital El-Maarouf, qui parlent « de plus de 200 passagers: étant donné que des passagers du Ville de Sima, un autre bateau comorien qui n’a pas pu partir hier soir pour Anjouan, ont été transbordés dans le Madjiriha. »

Bateau à la dérive

Bateau à la dérive

Le bateau, qui a quitté le port de Moroni à 22 heures 30, est tombé en panne aux environs de minuit. « A minuit, notre moteur [le Madjiriha avait un moteur au lieu de deux] a commencé à chauffer, en raison de cette panne de pompe à eau, il n’y avait plus de liquide de refroidissement. Nous avons éteint le moteur pour pouvoir le réparer. Nous avons appelé la capitainerie du port de Moroni, pour qu’elle nous envoie des secours. On nous a faits comprendre que notre demande ne pouvait pas être satisfaite, faute de carburant. On a insistés, mais sans succès» nous a confié un rescapé qui travaillait dans le bateau. « Nous avions mis de l’eau dans le moteur en panne et l’avions démarré, mais à peine que le bateau a-t-il été démarré , l’ l’hélice a vite tourné , le bateau a dévié , percuté un rocher et chaviré. » nous a appris le rescapé Nadhir Abdou Saïd, graisseur dans le Madjiriha. L’armateur du bateau est l’homme d’affaire et producteur de disque Abdoulatuf Madjiriha. Le bateau était au mouillage pendant plusieurs mois, il n’a repris la mer que depuis 2 mois, après l’achat en Europe d’un moteur d’occasion. « Visiblement, le Madjiriha était en bon état, à moins que le commandant du bateau nous ait menti. » nous a-t-on expliqués au service de l’Immigration, le matin du naufrage. Ainsi, n’y a-t-il jamais eu lieu de visite technique ; par ailleurs, la vétusté du moteur ne serait-elle pas la cause de l’avarie au bateau ?

« On a dû nager pour atteindre le rivage. Et sitôt une voiture qui passait sur la route nous a évacué à l’hôpital El-Maarouf » nous a confié le rescapé Jaffar Mourchid, âgé de 23 ans. « J’ai pu examiner 1 cuisinier, 2 graisseurs et 2 passagers. Et j’ai constaté que psychologiquement ils se portent bien. » nous a rassurés Docteur Mistoihi, psychiatre à l’hôpital El-Maarouf. « On estime à 40 au moins le nombre de morts, dont 17 enfants. On a recensé, pour le moment, 61 rescapés, dont un bébé. Pour l’instant, le nombre de disparus est estimé à 23. » nous a dit Mohamed Cheick, journaliste à la radio nationale. Toutefois, aux environs de 13 heures, 25 corps, dont 11 enfants, ont été transportés pour conservation en chambres froides de l’hôpital El-Maarouf. D’autres corps sont attendus dans les heures à venir. Il est à souligner que les secours n’ont commencé à s’organiser que plusieurs heures plus tard, aux environs de 8 heures. [A 16 heures 30, « les corps transportés à l’hôpital El-Maarouf sont au nombre de 52, et 10 sont attendus dans les heures à venir. Les chambres froides sont suffisantes pour tous les corps » nous a appris Mounsuf Mohamed Saïd, Directeur de l’hôpital El-Maarouf. Des religieux, dont le prédicateur Jibril, viennent d’arriver à l’hôpital El-Maarouf. Ils vont faire la toilette mortuaire musulmane aux corps. Il est à noter que chez les musulmans une toilette purificatrice est effectuée suivant un rite bien précis. Ce matin, mercredi 10 août, « on a recensé 59 corps, dont un n’a toujours pas été dégagé de l’épave en raison des intempéries »a-t-on appris de source militaire. ]

En moins d’une décennie, il y a eu aux Comores plus de 4 naufrages qui ont faits des milliers de victimes. Les barques cherchant à atteindre clandestinement les côtes mahoraises sont exclues du compte. Maintenant, il est temps, à l’heure où plusieurs âmes comoriennes finissent leur destin dans les fonds sous-marins, d’établir les responsabilités de chacun dans ce pays en détresse.