Ahmed Abdallah Sambi

SAMBI : PARTIRA OU NE PARTIRA PAS ?

Officiellement le départ du Président Ahmed Abdallah Sambi est fixé le 26 mai 2011 et à Baït-Salam, palais présidentiel des Comores, d’aucuns laissent entendre que les préparatifs de l’investiture du prochain Président de l’Union des Comores Ikililou Dhoinine ont commencé. L’opposition comorienne trouve la déclaration du départ de Sambi spécieuse et « attend de voir pour y croire », sachant que le mandat du Président Sambi a expiré depuis deux ans et pourtant il s’est toujours accroché au pouvoir.

Sambi

Sambi

Aux Comores indépendantes, deux questions ne cessent de triturer l’esprit de nombreux jeunes : « Où sont passés les 5 milliards de FC que le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a octroyé à Sambi, au début de son mandat, pour la réalisation de son fameux projet Habitat, qui n’a jamais vu le jour jusqu’à présent ? Et où sont passés les 200 millions de dollars de la vente de la citoyenneté économique à 4000 familles bédouines, qui jusqu’à maintenant n’ont pas foulé le sol comorien ? » En effet, qui aurait cru qu’un maître du Coran comme Sambi aurait pu se faire une place au soleil en trompant tout un peuple et des Etats et en imposant un automate à sa succession à la tête de l’Etat comorien ?

chiromani/ source: ngomajou.skyrock.com

Loi sur l’interdiction du voile intégral : MAYOTTE ET LA REUNION NE SONT PAS CONCERNEES

En France, la loi sur l’interdiction du voile intégral (niqab et burqa) dans l’espace public du 11 octobre 2010 est entrée en vigueur ce lundi 11 avril. Les femmes qui portent le voile intégral (2000 d’après les estimations) n’ont plus désormais le droit d’être couvertes dans la rue sous peine d’une amende de 150 euros et/ou d’un stage de citoyenneté. Quant aux époux, religieux ou pères de familles qui forceront leur femme ou leur fille de porter le voile intégral seront passibles d’une amande de 30 000 euros et d’un an d’emprisonnement. Et la peine sera doublée si la personne contrainte est mineure.

Mariage à Sima Bwani

 

Claude Guéant, ministre français de l’Intérieur, a envoyé le 31 mars une circulaire aux préfets et aux forces de sécurité, néanmoins dans certains départements des outremers, notamment Mayotte et la Réunion, cette nouvelle loi ne sera pas applicable pour le moment . Les départements de Mayotte et de la Réunion comptent un nombre important de personnes de confession musulmane. D’ailleurs, la loi du 15 mars 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles dans les écoles, collèges et lycées publics, n’interdit pas le voile mahorais sous prétexte qu’il est culturel et non pas religieux. Et la sénatrice réunionnaise Anne-Marie Payet a été la seule à voter contre la loi sur l’interdiction du voile intégral dans l’espace public.

Le ministre français de la Justice Michel Mercier était de passage à Mayotte le 8 avril pour l’implantation des juridictions de droit commun inhérentes au nouveau statut de l’île. Au demeurant, la République française qui a rendu hommage au chantre de la négritude Aimé Césaire au Panthéon le 7 avril tient pour le moment , au nom de la démocratie et de la constitution française, ses promesses de respecter les spécificités et les particularités de certains de ses territoires.

Daniel Zaïdani / pat21150.skyrock.com

Mayotte un département mort-né ?

Jeudi 31 mars. Date à laquelle Mayotte devient officiellement le 101ème département français, 5ème département d’outre-mer français. Au Conseil Général, dans l’hémicycle Younoussa Bamana, les conseillers généraux se sont réunis pour désigner l’élu qui présidera dans les 3 ans à venir le nouveau département. Le président du Conseil Général sortant, Ahmed Attoumani Douchina de l’UMP, fait une annonce fracassante. « Le vote du président du Conseil Général a été reportée au dimanche 3 mars, faute de quorum». En effet, les élus de l’UMP et du Nouveau centre ont été absents de l’hémicycle.

Daniel Zaïdani

Daniel Zaïdani

Néanmoins, le cartel ou l’alliance des partis progressistes composée des partis NEMA de Saïd Omar Oili et Sarah Mouhoussouni Boudra, du PS de Ibrahim Aboubacar, du PSM de Saïd Ahmadi Raos et du MDM de Daniel Zaïdani, tout en dénonçant des menées orchestrées depuis Paris, a désigné à main levée le nouveau président du Conseil Général en la personne de Daniel Zaïdani, poulain du sénateur Adrien GIRAUD, dont l’élection au poste de conseiller général de Pamandzi est contestée par le conseiller général sortant Fadul Ahmed Fadul de l’UMP . « L’UMP cherche à gagner du temps. Et c’est vrai 48 heures c’est beaucoup pour rallier quelqu’un à sa cause. » nous a appris Bacar Ali Boto de l’Alliance.

De fil en aiguille, toutes les manifestations qui étaient prévues pour célébrer la départementalisation ont été annulées. La secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Marie-louise Penchard, a annulé son voyage à Mayotte depuis l’île de la Réunion. Et les bus scolaires affrétés par le Conseil Général n’ont pas été envoyés récupérer les participants à la fête du parvis du Comité du Tourisme, sachant que les écoles ont été fermées juste pour que les bus soient disponibles. Et le préfet de Mayotte, Hubert Derache, n’a pas été présent à la séance du Conseil Général.

 

Le vote du Président du Conseil Général du dimanche est attendu avec impatience par les Mahorais. République bananière ou pas, à Mayotte le parti présidentiel UMP est désormais désigné à la vindicte publique.

Rencontre d'autorités comoriennes et françaises à Paris / Source : www.stephanetroussel.fr

Plus de visa pour les Comoriens désirant se rendre en France

Rencontre d'autorités comoriennes et françaises à Paris / Source : www.stephanetroussel.fr

Rencontre d’autorités comoriennes et françaises à Paris / Source : www.stephanetroussel.fr

La décision est tombée ce dimanche 27 mars. L’ambassade de France à Moroni déclare à travers un communiqué qu’elle va désormais « étendre, dès le lundi 28 mars, la suspension de la délivrance de visas pour le territoire français à tous les types de passeports, sans préjudice d’autres mesures qui pourraient être prises dans les prochains jours ». La restriction des visas français a été jusqu’à ce jour limitée qu’aux seules autorités comoriennes. D’ailleurs, le Président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi avait essuyé un refus de visa lorsqu’il voulait se rendre sur l’île de la Réunion, le 18 mars dernier.

En effet, c’est une note de service émise par le ministère comorienne de la défense qui est à l’origine de la guerre diplomatique « une pièce d’identité est exigée à tout passager empruntant un avion ou un bateau à l’entrée comme à la sortie des postes frontaliers des Comores pour des raisons de sécurité ». Et depuis, les sans-papiers français expulsés de Mayotte ne sont plus autorisés à fouler le sol comorien, faute d’avoir présenté une pièce d’identité valide. L’ambassade de France à Moroni et la Préfecture de Mayotte ont répondu par des mesures de rétorsion en refusant d’accorder des titres de séjour à tous les Comoriens désirant se rendre ou s’établir sur le territoire français.

Des pourparlers ont été engagés mais sont à ce jour au point mort. « Depuis plusieurs jours, l’ambassade de France aux Comores a multiplié les entretiens et les réunions de travail avec les autorités comoriennes, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. Des propositions concrètes ont été faites par la partie française pour répondre aux préoccupations exprimées par la partie comorienne, tant en ce qui concerne les questions de sécurité et de contrôle des flux migratoires, que s’agissant des questions humanitaires. Un projet d’accord comportant des dispositions concrètes et rapides a été finalisé samedi 26 mars. Ce projet devait être signé le 27 mars. Malheureusement, le gouvernement comorien a, une fois encore, préféré reporter cette signature et remettre ainsi en question le résultat de ces discussions constructives. L’ambassade de France exprime sa vive préoccupation face à ce revirement, qui semble témoigner que sa volonté de trouver rapidement un compromis satisfaisant pour les deux parties n’est pas partagée ». Les autorités comoriennes considèrent de leur côté « les propositions de la France insuffisantes » et « regrette[ent] que les Comores soient sanctionnées parce qu’elles ont appliqué le droit international, cela en protégeant ses ressortissants et en luttant contre la piraterie dans la région »

A Mayotte, le Préfet Hubert Derache a affirmé au cours d’une conférence de presse que les policiers « continuent à faire des interpellations. En dix jours, on a fait 31 kwassa (embarcations de fortune). On fait signer [aux personnes interpellées] leur APRS (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) et on rentre leurs empreintes digitales dans notre base de données avant de les relâcher dans la nature. Le jour où on les arrêtera, on a déjà tous les éléments ».

La France a été le seul pays à avoir dénoncé les fraudes massives et les nombreuses atteintes aux Droits de l’Homme qui ont eu lieu lors des dernières élections présidentielles aux Comores. Et le Président Ahmed Abdallah Sambi soupçonne les diplomates de l’ambassade de France à Moroni d’être derrière les journalistes qui le rappellent à l’ordre en lui « sollicitant » de quitter le pouvoir sans délai puisque son mandat a expiré depuis plusieurs années.

Qui dit histrion dit politique, le narcissique et théoricien du complot Ahmed Abdallah Sambi aime bien offrir du spectacle à son peuple. Encore un (énième) quiproquo qui va lui permettre de s’éterniser au pouvoir.