Antoissi Said Allaoui, lors de la réunion annuelle de samedi 9 février

ACUM une association de Mohéliens en diaspora

Maintenir une solidarité dans la dispersion. Adoucir l’épreuve migratoire. Promouvoir et entretenir avec la terre originelle des relations de natures diverses : économiques, financières, humanitaires, informationnelles et/ou culturelles. Tels sont les objectifs que se sont fixés les adhérents de l’ACUM, unique association de Mohéliens à Marseille, qui, en ce samedi 9 février, se sont réunis dans l’enceinte de l’association Espace-Accueil aux Etrangers sise dans la rue Mathieu Stilati.

Antoissi Said Allaoui, lors de la réunion annuelle de samedi 9 février

Antoissi Said Allaoui, lors de la réunion annuelle de samedi 9 février

Mohéli est l’île comorienne numériquement la plus sous-représentée à Marseille. Pourtant l’histoire de l’installation des Mohéliens dans la cité Phocéenne est concomitante de celle des Grand-Comoriens et des Anjouanais. Elle est amorcée à l’époque coloniale par les Comoriens recrutés dans la marine de guerre mais aussi dans la marine marchande, qui s’y installèrent d’une manière sporadique surtout au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, et qui servirent de « têtes de pont » aux rapatriés de Majunga de 1976 et aussi à un bon nombre de réfugiés économiques à la recherche d’un meilleur confort matériel et financier (à l’accession des Comores à l’indépendance). « On était 78 Mohéliens à Marseille en 1979, date à laquelle on a fondé notre association » se souvient Boinaissa Maoudjoudi, originaire de Fomboni, actuellement vice-président de l’ACUM.

Au jour d’aujourd’hui les Mohéliens se comptent par centaines à Marseille. Les maigres moyens de l’ACUM seraient impuissants à comptabiliser correctement les ressortissants mohéliens. Forte d’une cinquantaine d’adhérents, l’ACUM (Association Comores Unie Mohélienne), bien que fondée en 1979, est demeurée inactive durant une trentaine d’années. Ce n’est qu’en 2009 qu’elle a repris du poil de la bête. « Quand je suis arrivé en France en 2001, j’ai tout de suite remarqué que ce n’était que les Grand-comoriens, réunis en associations villageoises, qui, par sentiment d’empathie et de solidarité, menaient des actions ici et là-bas (dans leur localité d’origine) en vue d’un bien-être collectif. Touché dans mon orgueil, je me suis renseigné auprès de mes co-insulaires de Mohéli pour apprendre qu’il y avait une association de Mohéli mais qui n’était pas active. Du coup, j’ai pris contact avec Ahamada Madi, natif de Mbantsé, alors président de l’ACUM, pour relancer l’association » confie Antoissi Said Allaoui, du village de Boigoma, présentement secrétaire général de l’ACUM. Et depuis, l’association est pourvue d’un numéro de compte, son statut a été mis à jour et un site internet est en création.

L’ACUM un levier de développement pour Mohéli

De droite à gauche , Mounir Hamada Hamza, Boinaissa Maoudjoudi,Antoissi Said Allaoui, Taendhuma Attoumani

De droite à gauche , Mounir Hamada Hamza, Boinaissa Maoudjoudi,Antoissi Said Allaoui, Taendhuma Attoumani, Haloi Houtoibou

Si la Grande-Comore et Anjouan comptent chacune des centaines d’associations villageoises à Marseille, Mohéli n’en compte qu’une. Et c’est l’ACUM. Les ressortissants de Mohéli dans la cité Phocéenne comptent fédérer toutes leurs forces vives en diaspora afin de lancer le développement sur leur île d’origine. La preuve ! l’Association des femmes de Mohéli a été dissoute et ses membres ont tous rejoint l’ACUM. D’ailleurs, aujourd’hui c’est une des membres les plus actifs de cette association féminine qui est à la tête de l’ACUM pour un mandant de deux ans, madame Taendhuma Attoumani, née à Ziroudani. En ce qui concerne les actions à mener au pays, l’ACUM, en partenariat avec le Programme Co-développement en Union des Comores, l’association humanitaire Aide Médicale et Développement sise à Grenoble, et, la fondation Haloitété de la première dame des Comores, projettent d’améliorer le système de santé à Mohéli. Par le biais de ce projet de démocratisation des soins de santé, l’association diasporique et ses partenaires comptent réhabiliter le centre hospitalier de Fomboni et aussi de construire des dispensaires dans les zones rurales. Doter les centres de santé de base d’échographies mobiles et prendre en charge les enfants malades figurent en premier place dans leurs projets. Enfin, la rénovation du marché de Fomboni fait aussi partie des projets en cours.

A Marseille, dans le but de promouvoir l’unité et la solidarité de ses membres, et surtout dans un souci d’insertion et d’intégration dans le pays d’installation, des ateliers de théâtre en langue française seront animés prochainement par le comédien Mounir Hamada Hamza. « On fera, à travers ces ateliers, d’une pierre deux coups. Etant donné que le théâtre est un organe culturel, il nous permettra de transmettre les pratiques et les croyances de notre pays aux plus jeunes. Et compte tenu du fait que les textes seront en français, l’association aura une très grande visibilité auprès des autres communautés. » nous a appris Mounir Hamada.

Enfin, dans une cité Phocéenne où la communauté comorienne a toujours souffert d’éclatement, de fragmentation, d’une absence d’une identité comorienne, nationale, dont les heurts entre Comoriens de différentes îles sont récurrents, l’ACUM se veut ouverte à tous les ressortissants des Comores sans distinction aucune. Ses adhérents veulent faire œuvre de pionnier !